Frise chronologique
1565
Acquisition par les de Paulo
Acquisition par les de Paulo
1565 (≈ 1565)
Antoine François de Paulo achète l’hôtel.
1716-1728
Reconstruction par Jean-Georges de Nupces
Reconstruction par Jean-Georges de Nupces
1716-1728 (≈ 1722)
Construction de l’hôtel actuel en style classique.
1760
Ajout de la rampe d’escalier
Ajout de la rampe d’escalier
1760 (≈ 1760)
Bernard Ortet réalise les ferronneries.
1794
Saisie révolutionnaire
Saisie révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
L’hôtel devient bien national.
20 juin 1950
Protection monument historique
Protection monument historique
20 juin 1950 (≈ 1950)
Inscription des façades et toitures.
1972-1976
Restauration et réhabilitation
Restauration et réhabilitation
1972-1976 (≈ 1974)
Transformation en copropriété.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 20 juin 1950
Personnages clés
| Jean-Georges de Nupces - Commanditaire et propriétaire |
Fait reconstruire l’hôtel entre 1716 et 1728. |
| François de Nupces - Parlementaire et héritier |
Transmet l’hôtel à sa descendance. |
| Bernard Ortet - Serrurier-artisan |
Auteur de la rampe en fer forgé. |
| Pierre de Lancefoc - Capitoul et marchand |
Propriétaire initial au XVe siècle. |
| Pierre Madelaine de Senaux - Dernier propriétaire avant la Révolution |
Exécuté en 1794, entraînant la saisie. |
Origine et histoire
L’hôtel de Nupces est un hôtel particulier toulousain du début du XVIIIe siècle, situé au no 15 rue de la Bourse. Construit entre 1716 et 1728 pour Jean-Georges de Nupces, conseiller puis président au parlement de Toulouse, il incarne l’adoption précoce du style classique dans la ville, avec un plan en U entre cour et jardin. Son architecture symétrique masque l’irrégularité de la parcelle, typique des contraintes urbaines de l’époque.
Le site abritait initialement un hôtel du XVe siècle appartenant à la famille Lancefoc, marchands pastelliers influents, dont plusieurs membres furent capitouls. Acquis en 1565 par Antoine François de Paulo, conseiller au parlement, il passa par héritage à la famille de Nupces au XVIIe siècle. François de Nupces (1613-1676), marié à Marie de Paulo, consolida la position parlementaire de la famille, préparant les transformations futures.
Jean-Georges de Nupces (1663-vers 1728), confronté à des difficultés financières, vendit l’hôtel en 1714 avant de le racheter en 1716 avec des propriétés adjacentes. Il entreprit alors sa reconstruction dans un style classique sévère, caractéristique de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle. L’hôtel fut ensuite transmis à son fils Guillaume (1700-1763), qui y apporta des modifications mineures, comme la vente d’une auberge attitrée.
Après la Révolution, l’hôtel fut saisi comme bien national et vendu à un marchand, Pierre Sarrus. Laissé à l’abandon entre 1945 et 1972, il fut restauré dans les années 1970 pour devenir une copropriété abritant aujourd’hui des appartements, des bureaux et une partie de l’Institut Goethe. Son escalier en fer forgé, attribué à Bernard Ortet (vers 1760), et ses façades classées témoignent de son prestige passé.
Architecturalement, l’hôtel se distingue par sa cour d’honneur rectangulaire, encadrée par un corps de logis central et deux ailes. Les façades, symétriques malgré l’asymétrie des ailes, présentent des pilastres ioniques et corinthiens, tandis que les intérieurs, remaniés, conservent des vestiges de stucs et une rampe d’escalier ornée. Le portail monumental et les ferronneries des balcons soulignent son élégance classique.
Protégé depuis 1950 pour ses façades et toitures, l’hôtel de Nupces incarne l’évolution des élites toulousaines, passant des marchands pastelliers du Moyen Âge aux parlementaires des Lumières. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux, de l’Ancien Régime à la Révolution, en passant par les restaurations contemporaines.